Les investisseurs institutionnels anticipent une correction des marchés en 2026

Après trois années consécutives de performances à deux chiffres, les investisseurs institutionnels se préparent à un retour de la volatilité. Selon la dernière étude annuelle de Natixis Investment Managers (Natixis IM), réalisée auprès de 515 investisseurs dans 29 pays, 74 % d’entre eux s’attendent à une correction des marchés en 2026. Près de la moitié (49 %) anticipent une baisse comprise entre 10 et 20 %, tandis qu’un quart (25 %) redoute une correction supérieure à 20 %.

Risques géopolitiques et bulle technologique en ligne de mire

À l’échelle mondiale, le risque géopolitique (49 %) et la crainte d’une bulle technologique (43 %) dominent les préoccupations. En France, les inquiétudes se concentrent sur la dette publique et la fiscalité (48 %), devant les tensions géopolitiques (44 %). La perception d’une instabilité politique est également forte : 73 % des investisseurs mondiaux estiment qu’elle menace les marchés, un sentiment encore plus marqué en France (78 %).

La gestion active plébiscitée

Face à ce contexte incertain, les institutionnels privilégient la gestion active. 62 % estiment qu’elle surperformera la gestion passive en 2026, une conviction renforcée par les résultats observés en 2025. Sur le segment obligataire, 71 % jugent la gestion active indispensable pour naviguer dans un environnement marqué par l’inflation et les incertitudes monétaires. Malgré la volatilité attendue, une majorité (55 %) reste optimiste pour cette classe d’actifs.

Les actifs privés au cœur des portefeuilles

La diversification via les actifs privés s’impose comme une tendance lourde. 64 % des investisseurs estiment qu’ils offrent un potentiel de rendement supérieur aux marchés cotés. Les allocations devraient progresser en capital-investissement (39 %), infrastructures (38 %), dette privée (35 %) et immobilier (27 %). Les valeurs liées à la défense suscitent également un intérêt croissant, notamment en Europe (77 %).

Rééquilibrage géographique : Europe et Asie en hausse

Les allocations géographiques évoluent : 76 % des investisseurs prévoient de réduire ou maintenir leur exposition aux actions américaines, traduisant une certaine désaffection. À l’inverse, 90 % envisagent d’augmenter ou maintenir leurs investissements en Asie, et 88 % en Europe. Dans les émergents, l’Inde est désormais perçue comme le futur marché dominant, devant la Chine.

Intelligence artificielle : opportunité et risque

L’IA, moteur de performance en 2025, suscite autant d’espoirs que de craintes. Si 65 % des investisseurs pensent qu’elle continuera de soutenir la croissance, 46 % redoutent une bulle. Au-delà des marchés cotés, 52 % identifient déjà des opportunités dans l’écosystème technologique non coté lié à l’IA.

L’investissement durable reste stratégique

Malgré les débats, l’ESG demeure une conviction forte : 58 % des investisseurs mondiaux, et 64 % en France, estiment que l’intégration de critères durables génère de l’alpha. Les infrastructures, les obligations vertes et les portefeuilles Net Zéro figurent parmi les priorités, avec 33 % des institutionnels travaillant activement à la décarbonation de leurs portefeuilles.

Citation

« Dans un environnement marqué par des risques géopolitiques persistants et un cycle économique moins lisible, les investisseurs institutionnels confirment leur résilience. Ce qui ressort de manière très nette dans cette édition 2026, c’est une volonté d’action : renforcer la diversification, privilégier la gestion active et saisir les opportunités offertes par les actifs privés et l’IA », souligne Gad Amar, Directeur Distribution Europe de l’Ouest de Natixis IM.

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