« Conservons par la sagesse ce que nous avons acquis par l’enthousiasme » – Condorcet
Par Olivier Malteste, Directeur des Investissements
Incertitude sur les droits de douane, tensions géopolitiques, remise en cause potentielle de l’indépendance de la Fed, concentration des grands indices sur les valeurs technologiques, valorisations élevées des actions américaines… Les sujets d’inquiétude ne manquaient pas au début de l’été, période souvent propice à une volatilité plus élevée en raison d’une liquidité moindre. Pourtant, juillet a été marqué par l’optimisme des investisseurs, qui ont vu le verre à moitié plein. Espérons que les marchés sauront faire leur cette maxime de Condorcet : « Conservons par la sagesse ce que nous avons acquis par l’enthousiasme ».
Cette réaction s’explique par la dissipation progressive de plusieurs incertitudes : la promulgation de la loi budgétaire voulue par Donald Trump, adoptée de justesse par la Chambre des représentants, qui accroît les dépenses militaires, réduit les dépenses sociales et pérennise les baisses d’impôts initiées lors de son premier mandat ; des avancées sur les droits de douane avec la fixation d’un taux maximal uniforme de 15 % sur les importations en provenance de l’Union européenne ; un regain de confiance des ménages, l’indice de l’Université du Michigan surprenant à la hausse et atteignant un plus haut de cinq mois tout en demeurant inférieur à sa moyenne historique ; enfin, des publications de résultats trimestriels globalement de bonne facture.
Concernant les banques centrales, la BCE a maintenu ses taux, mettant fin à huit baisses consécutives alors que l’inflation se rapproche de la cible de 2 %. Aux États-Unis, les signaux du marché du travail et de l’inflation dans les services incitent la Fed à la prudence et repoussent toute baisse de taux au plus tôt à septembre.
Ainsi, les actions internationales ont gagné +4,4 % en euros (+1,4 % en devises locales). Les actions américaines ont progressé de +5,3 % en euros, les émergentes de +5,0 %, tandis que le Japon et la zone euro avancent respectivement de +1,3 % (en euros) et +1,0 %. Dans cet environnement favorable au risque, les obligations mondiales reculent d’environ 0,15 %, sous l’effet d’une légère hausse des taux longs (le 10 ans américain passant de 4,23 % à 4,36 %). Côté matières premières, l’or gagne +1,7 % et le pétrole avance d’un peu plus de 7 %.
Néanmoins, l’environnement nous semble toujours incertain et nous préférons rester prudents. Notre profil équilibré (P6), théoriquement investi à 50 % en actions et 50 % en obligations, conserve un biais défensif avec 45 % en actions et 55 % en obligations. Nous maintenons une légère surexposition aux actions européennes, soutenues par une dynamique favorable, le plan de relance allemand et des valorisations plus attractives. Sur la poche obligataire, notre tactique reste orientée vers les obligations d’entreprises européennes de bonne qualité, afin de limiter l’exposition à la volatilité des taux souverains américains tout en profitant de conditions encore soutenues par les baisses de taux de la BCE.
























































































































































































































































































































