La Banque du Japon devrait maintenir sa politique inchangée, mais ses commentaires sur les facteurs qui pourraient motiver une prochaine hausse seront déterminants
Commentaires de Gregor MA Hirt, Global CIO Multi Asset
- Nous pensons que la Banque du Japon (BoJ) maintiendra son taux directeur inchangé à 0,5 % lors de sa prochaine réunion de septembre, tout en conservant son orientation haussière.
- Le gouverneur Ueda s’est montré plutôt accommodant lors de la dernière réunion. Les données publiées depuis lors permettraient à la BoJ de relever ses taux, mais elles ne l’y obligent pas, de sorte qu’une telle décision serait une surprise.
- L’accord commercial avec les États-Unis lève les incertitudes sur le commerce, mais son impact économique commence seulement à se faire sentir. De plus, la démission du Premier ministre Ishiba et la course à la direction du Parti libéral-démocrate (PLD) ont créé de nouvelles incertitudes.
- En l’absence de détérioration économique significative, une hausse d’ici janvier semble probable. Il sera essentiel de voir si les déclarations du gouverneur Ueda fournissent des détails sur le calendrier ou sur la façon dont il envisage la trajectoire de certains des principaux moteurs. Néanmoins, il semble peu probable qu’il annonce une hausse en octobre et son message pourrait donc être similaire à celui de la dernière réunion de politique monétaire.
La Banque du Japon devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés lors de sa prochaine réunion, conservant une orientation haussière mais s’abstenant pour l’instant de nouvelles hausses. Les données actuelles ne justifient pas une action immédiate. La croissance est restée solide, avec cinq trimestres consécutifs d’expansion , et l’inflation reste égale ou supérieure à l’objectif . Cependant, malgré des hausses nominales robustes des salaires, les salaires réels ont été sous pression, ne redevenant positifs qu’en juillet après six mois consécutifs de baisse . La Banque du Japon souhaitera probablement voir une reprise plus durable des revenus réels afin de soutenir la dynamique économique nationale et de renforcer le cycle salaires-prix. Les droits de douane restent un autre sujet de préoccupation pour la Banque du Japon. Si l’accord commercial avec les États-Unis a réduit l’incertitude, son impact économique global reste encore incertain. Les premiers signes montrent que le secteur automobile japonais absorbe la majeure partie des coûts des droits de douane, ce qui pèse sur la rentabilité et pourrait limiter la croissance des salaires. Certaines entreprises ayant commencé à annoncer leurs intentions concernant les hausses de salaires pour l’année prochaine dès le mois de décembre, la Banque du Japon attendra probablement la réunion de décembre ou janvier avant d’envisager une nouvelle hausse.
Récemment, certains médias ont rapporté des rumeurs selon lesquelles la BoJ pourrait envisager une hausse des taux cette année, ce qui rend les déclarations du gouverneur Ueda lors de la prochaine conférence de presse particulièrement attendues. Va-t-il faire part de ses intentions ou donner un calendrier ? Un autre élément qui plaide en faveur du statu quo est l’incertitude supplémentaire liée à la course à la présidence du PLD. Le résultat est imprévisible à l’heure actuelle et il est également possible que le nouveau Premier ministre convoque des élections anticipées, ce qui pourrait créer une incertitude supplémentaire. Même s’il y a de fortes chances que la politique économique ne change pas fondamentalement, la BoJ est probablement disposée à attendre que la situation se clarifie sur certains de ces sujets.
Nous ne nous attendons donc pas à ce que le gouverneur Ueda donne des indications claires quant à une intervention en octobre.
Dans ce contexte, nous conservons une opinion modérément constructive sur les actions japonaises. La croissance mondiale reste intacte et les bénéfices des entreprises sont raisonnablement bons. De plus, la dynamique s’est récemment nettement redressée. Nous restons sous-pondérés sur les obligations d’État japonaises. La plus forte probabilité d’un nouveau Premier ministre moins prudent sur le plan budgétaire a accru les risques de baisse, tandis que les acheteurs restent sur la touche jusqu’à ce que la BoJ dévoile plus clairement ses intentions. Nous adoptons une position neutre sur le yen japonais. Le yen pourrait également être affecté par la course à la direction du PLD. Dans le même temps, plusieurs baisses de taux étant désormais anticipées aux États-Unis et la Banque du Japon devant laisser sa politique inchangée au cours des prochains mois, les catalyseurs à court terme font défaut, mais nous pourrions finalement envisager de reprendre des positions longues compte tenu de la forte sous-évaluation du yen et d’une éventuelle dédollarisation.


















































































































































































































































































































