Analyst Survey 2026 de Fidelity International :
Les marchés émergents font preuve de résilience malgré les chocs géopolitiques
- La géopolitique reste un facteur de risque majeur, tandis que les risques sont particulièrement élevés en Europe et dans certaines régions d’Asie
- Des perspectives de performance très contrastées selon les régions émergentes
- Une dispersion croissante qui renforce l’importance de la sélection active des pays et des titres
Paris, 26 mars 2026 : Les marchés émergents font face à un choc important du côté de l’offre suite à l’escalade du conflit au Moyen-Orient, qui a perturbé les flux énergétiques, accru les tensions géopolitiques et fait grimper les prix. Dans ce contexte, les investisseurs à long terme devront voir au-delà du bruit de fond immédiat et se concentrer sur les forces fondamentales qui façonnent les marchés au fil du temps.
L’édition 2026 de l’Enquête Analystes de Fidelity International offre cette perspective, en s’appuyant sur des informations mondiales recueillies sur le terrain pour identifier les dynamiques sectorielles et régionales qui déterminent les perspectives d’investissement à long terme.
Des chocs géopolitiques toujours pénalisants
Sans surprise, les analystes couvrant l’Europe et certaines régions d’Asie s’attendent de plus en plus à ce que des facteurs géopolitiques ou monétaires pèsent sur la rentabilité des entreprises au cours des douze prochains mois. L’Europe semble particulièrement exposée, la plupart des analystes prévoyant un impact modérément ou fortement négatif, et une part notable d’entre eux anticipant un résultat fortement négatif. La région Asie-Pacifique (hors Chine et Japon) présente une tendance similaire, les prévisions d’impact négatif l’emportant sur les réponses positives.
Les analystes spécialisés dans le marché chinois restent eux aussi prudents, 54 % d’entre eux s’attendant à un impact modérément ou fortement négatif sur la rentabilité.
En revanche, la situation dans la zone EMEA et en Amérique latine est plus contrastée, les analystes s’attendant à des répercussions à la fois très positives et négatives sur la rentabilité. Cela reflète les disparités au sein de ces régions, où certains pays et secteurs sont exposés à des risques liés aux politiques et à la demande, tandis que d’autres, particulièrement les économies et les entreprises liées aux ressources naturelles, pourraient bénéficier de la hausse des prix des matières premières et de l’énergie.
Par ailleurs, près des deux tiers des analystes intègrent toujours l’évolution des politiques commerciales dans leurs analyses fondamentales, signe de l’impact durable des tensions commerciales récentes.
Niamh Brodie-Machura, directrice des investissements actions chez Fidelity International, souligne :
« Les développements géopolitiques influencent à nouveau les perspectives des marchés émergents, à la fois directement via les incertitudes commerciales et politiques, et indirectement à travers les prix de l’énergie et l’inflation. Les fluctuations brutales sur les marchés de l’énergie ajoutent une nouvelle dimension de complexité, en particulier pour les régions les plus exposées aux chocs liés à l’approvisionnement énergétique. Si une stabilisation pourrait atténuer la volatilité à court terme, il semble désormais plus probable que les perturbations se prolongent, ce qui intensifierait les pressions inflationnistes, notamment pour les économies importatrices d’énergie. »
« Même si le conflit prenait fin demain, les tarifs de fret ne reviendraient pas immédiatement à la normale, poursuit Amara Xia, analyste actions spécialisée dans le transport maritime chinois. La congestion portuaire, le temps nécessaire au repositionnement des navires et la forte hausse de la demande visant à reconstituer les stocks épuisés maintiendront les tarifs à un niveau élevé pendant un certain temps avant qu’ils ne finissent par se normaliser ».
James Trafford, gestionnaire de portefeuille sur les marchés émergents et analyste du secteur de l’énergie, ajoute : « Si le conflit trouve une issue rapide, le pétrole devrait pouvoir circuler à nouveau rapidement, à condition qu’il n’y ait pas eu de dommages matériels importants aux champs de production en amont. La haute qualité des gisements du Moyen-Orient signifie que ceux qui ont été fermés peuvent redémarrer rapidement. Toutefois, si les perturbations se prolongent au-delà de la fin mars, ou si de nouvelles attaques visent les infrastructures, cela entraînera probablement des baisses plus importantes des stocks, ce qui maintiendra le marché sous pression plus longtemps ».
Les chocs géopolitiques peuvent provoquer une forte volatilité des marchés tout en ayant simultanément des effets durables. À la suite des chocs tarifaires de l’année dernière, par exemple, près des deux tiers des analystes de Fidelity interrogés dans le cadre de l’enquête de cette année déclarent continuer à intégrer l’impact de l’évolution des politiques commerciales dans leur analyse fondamentale.
Des perspectives de performance très différenciées
Dans ce contexte, notre enquête révèle qu’au-delà des gros titres, il existe encore toute une série d’opportunités d’investissement prometteuses.
Parmi les analystes spécialisés sur la Chine, 31 % considèrent leur secteur comme « sous-valorisé », le pourcentage le plus élevé au monde, contre 24 % en Asie (hors Chine et Japon), et 29 % dans la zone EMEA et Amérique latine. Sur les marchés émergents, les analystes sont plus confiants quant à la performance des actions au cours des 12 prochains mois : 57 % des analystes de la zone EMEA/Amérique latine et 50 % des analystes d’Asie (hors Chine et Japon) estiment que leurs actions surperformeront « de manière significative » ou « modérément » l’indice régional de référence, un chiffre supérieur aux 46 % enregistrés pour la Chine.
La Chine, toujours au cœur de la dynamique émergente
La Chine reste au cœur de la dynamique des marchés émergents, même si la hausse des coûts d’importation de l’énergie et la résurgence des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement exercent une pression à court terme. D’autres facteurs structurels de croissance continuent de soutenir les perspectives à long terme.
Les dirigeants chinois continuent de privilégier les investissements dans les industries de haute technologie afin de renforcer l’autonomie du pays et sa résilience face à une géopolitique instable. Ces efforts ont soutenu l’essor de la Chine dans les domaines des véhicules électriques, de l’intelligence artificielle (IA), des biotechnologies et de la robotique. L’économie est de plus en plus portée par l’innovation et par des politiques favorables à la technologie et à la science.
Malgré les contrôles à l’exportation imposés par les États-Unis sur les technologies de pointe, « un nombre croissant de puces utilisées en Chine seront fabriquées localement, affirme Allen Yang, analyste financier spécialisé dans le secteur chinois de la fabrication de puces. Les fabricants locaux d’équipements pour semi-conducteurs continueront de bénéficier de l’expansion des capacités nationales et de la localisation de la chaîne d’approvisionnement pendant de nombreuses années. »
La demande des consommateurs reste néanmoins hétérogène, pénalisée par la faiblesse du marché immobilier et des pressions déflationnistes, même si des opportunités subsistent sur les segments premium comme sur l’entrée de gamme.
Vers une fragmentation accrue des trajectoires
La durée du conflit au Moyen-Orient a sans doute plus d’importance pour les marchés émergents que pour les autres. Plus il se prolonge, plus il risque d’exacerber les pressions inflationnistes et d’avoir un impact négatif sur les économies importatrices d’énergie.
Dans le même temps, les dynamiques structurelles de croissance et les réformes en cours contribuent à une différenciation croissante des trajectoires économiques et des performances des entreprises.
Niamh Brodie-Machura conclut : « L’un des principaux enseignements de cette enquête est le degré de divergence au sein des marchés émergents. Les différences en matière de réformes, d’exposition énergétique et de capacité d’innovation se traduisent par des performances de plus en plus contrastées. Dans ce contexte, considérer les marchés émergents comme un bloc homogène est de moins en moins pertinent : une sélection rigoureuse des pays et des valeurs devient essentielle. »















































































































































































































































































































































