Réévaluations des réserves d’or : l’expérience internationale

Face à des niveaux d’endettement public historiquement élevés, plusieurs gouvernements explorent des solutions alternatives pour financer leurs dépenses sans augmenter les impôts. Parmi elles, la réévaluation des réserves d’or détenues par les États ou les banques centrales refait surface comme levier budgétaire.

De quoi parle-t-on ?

La réévaluation consiste à actualiser la valeur comptable de l’or détenu par une institution publique, en la faisant passer du prix statutaire (souvent très bas) au prix du marché actuel. Aux États-Unis, par exemple, l’or est encore inscrit à 42,22 $ l’once, alors que son cours dépasse aujourd’hui les 3 300 $ l’once.

Cinq exemples internationaux

Au cours des 30 dernières années, seuls cinq pays ont mobilisé les produits de réévaluation de leurs réserves officielles d’or et de change :

  • Allemagne : Utilisation par le gouvernement central pour alléger la dette publique.
  • Italie : Réévaluation par la Banque d’Italie pour compenser une perte exceptionnelle liée à une obligation spécifique.
  • Liban : Réduction partielle de la dette dans un contexte budgétaire critique.
  • Curaçao et Saint-Martin : Compensation des pertes de revenus d’intérêts et de valorisation du portefeuille.
  • Afrique du Sud : Réduction de l’encours de la dette dans un cadre budgétaire exceptionnel.

Objectifs et limites

Les réévaluations ont été utilisées :

  • Par les banques centrales pour compenser des pertes d’exploitation ou maintenir des bénéfices nets.
  • Par les gouvernements pour améliorer temporairement leur situation budgétaire.

Cependant, ces mesures ne résolvent pas les problèmes structurels : elles offrent un répit, mais ne remplacent pas les réformes profondes nécessaires à la stabilité financière.

🇺🇸 Le cas américain : vers un changement de paradigme ?

La Réserve fédérale américaine envisage pour la première fois une réévaluation de ses 261,5 millions d’onces troy d’or, soit les plus importantes réserves au monde. Une telle opération pourrait générer des centaines de milliards de dollars en valeur latente, mais soulève des questions politiques et comptables majeures

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