Marchés : nos vues multi‑actifs après le choc
Après la flambée des prix du pétrole, l’horizon de marché apparaît plus équilibré. Cela ne signifie pas pour autant que la volatilité est derrière nous. Voici nos dernières analyses multi‑actifs.
24/03/2026 – Patrick Brenner, Directeur des investissements Multi‑Actifs
Nous abordions le conflit iranien avec une vision plutôt favorable du cycle économique, assortie d’un biais prudent face au risque d’inflation. Les anticipations de relance budgétaire et la volonté des États de renforcer leurs chaînes d’approvisionnement dans un monde fragmenté nous avaient conduits à surpondérer les actions et les matières premières, et à sous‑pondérer les obligations.
Nous n’avons évidemment aucun avantage particulier pour prédire l’évolution du conflit au Moyen‑Orient. En revanche, après la flambée du pétrole, nous avons choisi de prendre nos bénéfices sur l’ensemble de notre position matières premières : la situation nous semble désormais plus équilibrée. Cela ne signifie pas que la volatilité disparaîtra. Les investisseurs doivent désormais anticiper la réaction des banques centrales face à ce choc stagflationniste.
La situation n’est toutefois pas aussi extrême qu’en 2022 : les taux d’intérêt sont aujourd’hui nettement plus élevés et l’inflation sous‑jacente plus faible. Nous pensons néanmoins que les rendements obligataires peuvent encore progresser et anticipons un taux à 10 ans américain autour de 4,5 %. Le dollar devrait également s’apprécier, les États‑Unis étant moins exposés au choc énergétique. Nous devenons en revanche négatifs sur le crédit investment grade américain : les spreads actuels ne compensent pas suffisamment les risques de stagflation ni l’augmentation attendue des émissions, typique d’une fin de cycle.
Nous conservons notre surpondération en actions, mais fermons notre position positive sur les valeurs internationales « value » : les financières restent vulnérables à la trajectoire des taux, tandis que les États‑Unis devraient mieux résister à une hausse prolongée du pétrole.
Nous restons acheteurs d’or malgré la volatilité récente. La demande structurelle des banques centrales des pays émergents demeure forte, et le métal précieux reste un diversificateur essentiel face aux risques budgétaires et géopolitiques. Nous maintenons également notre position longue sur la dette émergente en monnaie locale, soutenue par des rendements réels attractifs et une amélioration des fondamentaux.
En résumé, nous continuons de voir un potentiel haussier sur les actions, le risque de récession nous semblant limité. Mais la possibilité d’une perturbation durable de l’offre énergétique nous conduit à réduire la cyclicité de notre exposition actions et à renforcer notre position en dollar. Nous avons pris nos bénéfices sur les matières premières, mais restons sous‑pondérés en obligations, les niveaux de rendement actuels représentant un risque de valorisation pour les actions.















































































































































































































































































































































